Ce que les proches peuvent faire pour eux et pour le proche

Il s'agit pour le proche d'envisager une perspective nouvelle : accepter que la personne qu'il peut faire changer en premier est lui-même. Ce changement va modifier sa relation avec le joueur dont le comportement à son tour, peut éventuellement changer. Certains outils peuvent aider le proche à amorcer ces changements. Si le proche redoute que leur mise en œuvre puisse amener le joueur à se comporter de manière violente envers lui-même ou envers d'autres personnes, il importe avant tout de demander conseil auprès de professionnels.

 

Sécuriser sa situation financière
Afin de protéger ses finances ou les finances de la famille, le proche peut par exemple :

  • S'informer de l'état des finances communes.
  • Délimiter sa coresponsabilité légale dans les divers paiements obligatoires et les éventuelles dettes partagés avec le joueur.
  • Etablir un plan de remboursement des dettes, au besoin après avoir demandé conseil auprès de professionnels, par exemple un service d'aide au désendettement, un conseiller juridique ou un avocat.
  • Se renseigner auprès d'un avocat ou d'un conseiller juridique pour mettre en place d'éventuelles mesures protectrices de l'union conjugale.
  • Payer les factures communes lui-même.
  • Ouvrir un compte bancaire distinct auquel lui seul a accès.
  • Ne pas laisser trainer d'argent, de carte de crédit ou d'objets de valeur et ne pas donner le numéro d'identification personnel (NIP) de ses comptes bancaires.
  • Eviter de prêter de l'argent au joueur ou d'éponger ses dettes.
  • Etablir un budget.

 

Prendre soin de soi
A chacun sa façon de cultiver son bien-être ! Voici quelques idées :

  • Retrouver un rythme de vie régulier : repas à heures régulières et dans un climat de détente, temps de sommeil suffisant.
  • Commencer ou reprendre une activité physique qui fait plaisir.
  • Intégrer dans son emploi du temps des activités agréables (promenades, cinéma, lecture, sport, shopping, etc.) ou relaxantes (prendre un bain, écouter de la musique, pratiquer le yoga ou de la relaxation, etc.).
  • S'ouvrir aux autres : partager ses inquiétudes avec des proches de confiance et disposés à écouter, s'engager dans des activités collectives (sport d'équipe, bénévolat, etc.), contacter des professionnels pour obtenir du soutien.

 

Communiquer de façon affirmée
La colère, l'anxiété, la culpabilité amènent souvent les proches à communiquer de la colère et des reproches au joueur en perte de contrôle. Cette façon de communiquer amène le plus souvent l'autre à réagir de façon défensive, sur un mode agressif par exemple, ou alors, en refusant la communication. La frustration de part et d'autre s'accroit. Comment contourner ces pièges, comment maximiser les chances que le joueur puisse entendre ce que l'on a à lui dire ? Voici quelques pistes :

  • Se préparer. Avant d'aborder le joueur, il importe de cerner ses propres attentes. Attention à ne pas fixer des objectifs trop élevés, par exemple s'attendre à ce que le joueur arrête de jouer instantanément ! La plupart du temps, il est plus efficace de se fixer de petits objectifs progressifs.
  • Saisir les moments propices. Privilégier les moments où l'on se sent dans de bonnes dispositions et où le joueur semble accessible (par exemple lorsqu'il montre une certaine détresse).
  • Rester calme. Dans la mesure du possible, éviter les reproches, les menaces, les plaintes, qui sont contre-productives.
  • Donner un feedback précis formulé en « je ». Un exemple : « je viens de recevoir notre décompte bancaire et je suis inquiète au sujet des dépenses que tu as faites ce mois-ci ».
  • Faire une demande concernant un seul changement à la fois, réaliste et précis. Un exemple « j'aimerais que l'on prenne un moment ensemble cette semaine pour discuter de notre façon de gérer notre budget ».
  • Donner des renseignements utiles. Informer le joueur des structures d'aide existantes (les services d'aide au désendettement, les centres spécialisés dans les problèmes de jeu, les services de mesures sociales des casinos, etc.).

 

Aider le joueur à faire face à ses responsabilités
Le soutien des proches est important pour le joueur. Toutefois, c'est la confrontation avec les conséquences négatives causées par le jeu qui peut l'amener à se remettre en question. Dans la mesure du possible, il est donc important pour les proches de laisser le joueur faire face aux difficultés engendrées par son comportement de jeu. 
Voici quelques conseils qui vont dans ce sens :

  • Eviter de payer les dettes qui le concernent uniquement.
  • Ne pas excuser ses absences ou retards auprès de son employeur ou d'autres personnes.
  • Ne pas mentir pour le protéger.
  • Dans la mesure du possible, éviter de lui prêter d'argent. En cas de prêt, définir une modalité de remboursement, même si c'est par petits montants.
  • Ne pas l'accompagner au jeu et ne pas jouer avec lui.
  • Ne pas accepter les cadeaux qui proviennent de ses gains au jeu.
  • Eviter de le réconforter ou de le rassurer au sujet de ses pertes d'argent ou d'autres problèmes liés au jeu.
  • Continuer à le solliciter pour qu'il prenne part aux tâches ménagères et aux activités familiales.

 


Références

Boutin, C. & Ladouceur, R. (2006). Y a-t-il un joueur dans votre entourage ? Tout ce que les proches doivent savoir. Montréal : Les Editions de l'Homme.

Centre de toxicomanie et de santé mentale, Toronto. (2004, 2007, 2008). Jeu problématique : Guide pour les familles.Brochure mise à disposition sur www.problemgambling.ca.

Suissa, A. J. (2005). Le jeu compulsif : vérités et mensonges. Montréal : Editions Fides.

bandeau bottom CJE - Centre du jeu excessif UNIGE - Université de Genève IMSP - Institut de Médecine Sociale et Préventive CHUV - Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

Accepter les Cookies ?