Les traitements

 

Plusieurs types d'approches thérapeutiques ont été décrits pour le traitement des personnes présentant des comportements de jeu problématiques. Hormis quelques techniques très spécifiques développées en thérapie cognitive, aucune ne peut à ce jour être considérée comme réellement spécifique au jeu excessif. Dans la pratique, les différentes approches sont combinées. Les modèles les plus courants sont les suivants :

L'approche cognitivo-comportementale :

Ce type de traitement part du principe qu'un des éléments majeurs de développement et de maintien du jeu excessif réside dans les croyances du joueur concernant le jeu. D'une part, le joueur a tendance à surestimer les probabilités de gain, d'autre part il pense pouvoir influencer favorablement le jeu par ses compétences ou son expérience. Cette approche considère que les croyances, les comportements et les émotions des personnes sont intimement liés et s'influencent réciproquement. Le traitement consiste alors à remettre en question ces croyances inadaptées, avec pour objectif une modification du comportement de jeu. Un autre aspect de ce type de traitement consiste à repérer les situations associées à l'envie de jouer, et à identifier et entraîner des stratégies qui permettent de gérer ces « situations à risque ». Les traitements utilisant l'approche cognitivo-comportementale peuvent se faire en individuel ou en groupe.

Les traitements pharmacologiques :

Ce type de traitement est actuellement en cours de recherche. Les études portent principalement sur 3 systèmes : la sérotonine, les stabilisateurs de l'humeur et les antagonistes opiacés (les inhibiteurs des opiacés). Il existe 4 types de pharmacothérapie pour traiter la dépendance aux substances : 1) soulager les effets de sevrage ; 2) remplacer les effets de la drogue ; 3) bloquer les effets de renforcement ; 4) soulager des troubles associés, afin de réduire l'abus aux drogues indirectement. Les deux derniers types sont actuellement envisagés dans les études sur les traitements pharmacologiques du jeu excessif. Pour la sérotonine, les molécules qui ont été utilisées sont la clomipramine, le citalopram (Seropram®), la paroxetine (Deroxat®) et la fluoxamine (Floxifral®). En ce qui concerne les stabilisateurs de l'humeur, les molécules qui ont été testées sont la carbamazepine (Tegretol®), le lithium et le valproate (Depakine®). Pour les antagonistes opiacés,  seule la molécule naltrexone a été testée. En résumé, les études montrent des effets potentiellement positifs, mais qui demandent à être confirmés. Actuellement, aucun traitement pharmacologique n'a encore été accepté par les différentes autorités impliquées dans l'agrément des médicaments.

Les traitements pour la famille ou les proches :

Le jeu excessif n'affecte pas seulement l'individu, mais aussi les familles et les proches. Selon certaines études, pour une personne affectée par un comportement de jeu problématique, on dénombre en moyenne une dizaine de proches touchés plus ou moins directement par les pertes financières liées au jeu excessif, les emprunts ou les activités illégales. La confiance et la communication peuvent se détériorer dans la relation et la violence physique et/ou verbale peut apparaître pendant des crises. Les proches présentent notamment des sentiments de colère, dépression, isolement ou même de culpabilité. La prise en charge des proches peut se dérouler de manière individuelle ou sous forme d'entretiens de couples ou d'entretiens de famille. L'écoute, une meilleure compréhension de l'expression des émotions, la compréhension de la nature du jeu dans le contexte du couple peuvent constituer des éléments de l'intervention.

Les traitements d'inspiration psychanalytique ou psychodynamique :

Le travail d'orientation psychodynamique a pour but d'aider les personnes présentant un jeu excessif à accroître leur compréhension des besoins émotionnels inconscients en rapport avec le comportement de jeu problématique. Selon la perspective psychanalytique, le joueur peut par exemple présenter un désir inconscient de perdre qui créerait en lui un sentiment de culpabilité notamment envers les figures d'autorité comme les parents. L'approche psychanalytique recouvre des approches variées, avec pour point commun une démarche centrée sur l'analyse des mouvements émotionnels survenant dans le cadre de la relation thérapeutique appelée transfert et contre-transfert, ce qui suppose un cadre d'intervention régulier et selon une durée d'intervention de moyen-long terme (mois-années). Bien que les traitements d'orientation psychodynamique s'adressent également aux troubles de personnalité associés, ils offrent également des stratégies et techniques qui peuvent s'intégrer à des interventions brèves, et se surajouter a d'autres approches spécifiques.

Les traitements basés sur les programmes en 12 étapes : 

Ce type de traitement s'inspire du mouvement des Alcooliques Anonymes et se base sur les mêmes principes. Il s'agit de rencontres fixes, hebdomadaires, pendant lesquelles les joueurs peuvent discuter de leurs problèmes réciproques, s'entraider, s'identifier à d'autres joueurs et remédier à un sentiment d'isolement. Selon cette approche, le jeu est considéré comme une maladie et seule l'abstinence totale peut conduire au rétablissement. Le programme de changement se base sur 12 étapes amenant les joueurs à réfléchir à leurs problèmes et à modifier leurs comportements, leurs croyances relatives au jeu et la signification attribuée à l'existence.

bandeau bottom CJE - Centre du jeu excessif UNIGE - Université de Genève IMSP - Institut de Médecine Sociale et Préventive CHUV - Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

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